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Résumé de l’histoire du whiskey irlandais

Le whiskey irlandais revient en fanfare en ce moment. Avec cette info à l’esprit, on a décidé qu’il était grand temps de mettre en lumière cette histoire tumultueuse.

Le whiskey est irlandais de naissance, gaélique de nom et de renommée mondiale. Bien que l’origine “authentique” du whiskey soit source de nombreux débats, voilà ce que l’on en sait...

La naissance de l’Eau de Vie

La première trace écrite du whiskey irlandais, en gaélique “uisce beatha” ou “l’eau de la vie”, date de 1405, environ 90 ans avant son apparition en Ecosse. Même si on ne sait pas exactement comment le whiskey est arrivé en Irlande, on pense que ce sont des moines missionnaires du 11ème siècle qui ont rapporté l’art de la distillation de leurs voyages au Moyen-Orient. Cette pratique se répandit dans les monastères puis dans la société contemporaine. Quand Henry VIII dissout les monastères dans les années 1530, uisce beatha était déjà devenue la boisson du peuple, produite à partir de n’importe quel reste de récolte après la moisson. Le spiritueux en lui-même était probablement plus proche du poitin que du whiskey actuel, n’était jamais vieilli et souvent aromatisé avec du fenouil, de l’anis, de l’estragon, de la menthe, du thym et des raisins secs. Par ailleurs, on le consommait parfois avec du lait.

L’âge d’or du whiskey irlandais

La production de whiskey irlandais est passée d’un simple passe-temps à une industrie en 1608, quand la distillerie de l’Irlande du Nord Old Bushmills est devenue la première distillerie à obtenir une licence pour fabriquer du whiskey. En 1779, il y avait 1 228 distilleries légales en Irlande (bien que beaucoup de gens continuaient à faire leurs propres whiskeys chez eux), et le whiskey irlandais était considéré comme le meilleur du monde. Les taxes imposées par l’Angleterre eurent pour conséquence la disparition d’un grand nombre de distilleries, cependant, la réputation du whiskey irlandais a réussi à se maintenir. Un impôt en particulier (la “Malt tax” - taxe sur les produits maltés- de 1682) a même permis, bien involontairement, de créer la signature si spécifique du whiskey irlandais: le single pot (l’utilisation d’un mélange d’orges maltés et non maltés).

L’Ecosse a fini par rattraper le mouvement puis à dépasser les distilleries irlandaises, surtout après la création de l’alambic à colonne en 1831, qui a permis de produire de larges quantités plus vite et plus facilement. Cependant, malgré cette domination écossaise, le caractère fruité et la texture crémeuse du whiskey irlandais continuèrent à attirer sur eux l’attention du monde entier, jusqu’à remplacer le brandy (après un épisode de rouille dans les années 1860) comme LA boisson de l’empire britannique et à dépasser tous les autres pays producteurs de whiskeys en termes de ventes.

Une série d’évènements terribles

Comment l’Ecosse a-t-elle pu renverser l’Irlande en tant que productrice de whiskey préférée du monde? Notamment à cause d’un enchaînement d’évènements cataclysmiques à l’échelle nationale et mondiale, qui ont failli mettre fin à l’industrie du whiskey irlandais.

La mouvement de Tempérance a frappé fort en Irlande. Puis la Grande Famine est arrivée, décimant les récoltes, la population et l’économie. Le whiskey irlandais a dû ensuite surmonter de sérieux obstacles: la Première Guerre mondiale, l’Insurrection de Pâques, la guerre d’indépendance irlandaise (et ses restrictions commerciales), la Prohibition américaine (les USA étant à l’époque le plus grand importateur de whiskey irlandais), la guerre civile irlandaise, la guerre économique avec l’Angleterre (où aucun produit irlandais ne pouvait être commercialisé dans les pays du Commonwealth) et la grande dépression. A la fin des années 30, ces années affreuses ont presque réussi à enterrer la production de whiskey en Irlande, et seules quelques distilleries perduraient.

La volonté de ne pas mourir

Au milieu du 20ème siècle, il ne restait plus que cinq distilleries en Irlande; Jameson, John Powers and Sons, Paddy Irish Whiskey, Tullamore DEW and Bushmills. Ces cinq maisons avaient conscience qu’elles ne pourraient pas s’en sortir sans unir leurs forces. En 1966, John Jameson a fusionné son entreprise avec Cork Distillers et John Powers, pour former l’entreprise parapluie Irish Distillers Group. Dix ans plus tard, la distillerie New middleton a ouvert à Cork, et c’est là que la plupart du whiskey irlandais est fabriqué.

Un retour avec la gniaque

En 1988, le goliath français de l’alcool, Pernod Ricard, fit l’acquisition de Irish Distillers, et a multiplié davantage la popularité du whiskey irlandais. 

En 2020, le whiskey irlandais est le spiritueux avec la plus forte croissance de la décennie, 140%, et les ventes mondiales de whiskey irlandais sont passées de 60 millions de bouteilles en 2010 à 144 millions en janvier 2020. 

En seulement 10 ans, le nombre de distilleries en activité dans le pays a explosé: de 4 à 38! Grâce aux vestiges des distilleries abandonnées dans toute l’île, à la connaissance et à la culture bien enracinée de la distillation, et à un investissement d’1,55 milliard d’euros sur la décennie passée, nous sommes certains que la Renaissance du whiskey irlandais est toute proche. 

Faisons à nouveau couler uisce beatha à flots!