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L'histoire des femmes dans le secteur de l'alcool

C'est la Journée internationale de la femme et nous avons pensé célébrer cette journée en retraçant des histoires souvent méconnues de femmes dans la production d'alcool.

LES PIONNIÈRES DE LA BRASSERIE, LES CRÉATRICES ET LES DISTILLATRICES

Bien qu'aujourd'hui nous ayons tendance à considérer le monde des spiritueux artisanaux comme un univers masculin, cela n'a pas toujours été le cas. Les histoires de femmes dans le secteur de l'alcool sont nombreuses et vraiment intéressantes.

Aux alentours du IVᵉ millénaire av. J.-C., la bière a été inventée par les femmes. De l'Égypte au Pérou en passant par les Pays-Bas, les femmes faisaient fermenter de l'orge pour fabriquer la boisson, chacune ayant de légères différences par rapport aux autres. Durant de nombreux siècles, les femmes ont été reconnues comme les "brasseuses" - ce n'est qu'au cours des 150 dernières années que le brassage de la bière a été repris par les hommes, lorsque de nombreuses femmes se sont vu interdire de travailler dans la production d'alcool.

Au IVᵉ siècle de notre ère, un appareil de distillation primitif a été créé - l'alambic, qui est toujours utilisé pour créer certains cognacs et whiskies européens. Son inventeur est une alchimiste du nom de Maria Hebraea, qui a vécu à Alexandrie entre le premier et le troisième siècle, et qui est considérée comme la première véritable alchimiste du monde occidental. De l'autre côté du globe, en Chine, on attribue à Yi Di, épouse de Yu le Grand, la fabrication du premier alcool à partir de grains de riz.

UNE CHASSE AUX SORCIÈRES

Au début du moyen-âge, les femmes distillaient des spiritueux dans toute l'Europe occidentale. Cette activité a été interrompue lorsque les femmes ont été privées d'un grand nombre de leurs droits fondamentaux : elles n'ont pas eu accès à l'éducation et il leur a été interdit de lire ou d'écrire. En outre, on leur a refusé l'accès à l'alcool. Au début du XIIIe siècle, les femmes ont commencé à réapparaître dans les livres d'histoire de l'alcool, à tenir des apothicaires et à vendre des spiritueux, du vin et de la bière à usage médical, appelés "aqua vitae".

La chasse aux sorcières a commencé au XVIe siècle. Les femmes trouvées en possession d'aqua vitae pouvaient être accusées de sorcellerie et condamnées à mort. Le manche à balai, un insigne traditionnel des brasseries, est également devenu un symbole de la sorcellerie. Les femmes fuyaient en masse la distillation et la brasserie par crainte d'être étiquetées comme sorcières, ce qui mit fin à la production d'alcools par les femmes en Europe dès le XVIIIe siècle.

ÉTATS-UNIS – DISTILLATION MAISON OU LA TEMPÉRANCE

Aux États-Unis, les choses étaient différentes - les femmes distillaient à la maison. Elles fabriquaient des whiskies ou des bières, et dans de nombreuses publicités de l'époque, cette aptitude était une nécessité pour les femmes à la recherche d'un homme. Il n'a pas fallu longtemps pour que cela quitte le cadre familial et devienne un véritable business pour les entrepreneurs avisés de l'époque. Dans les années 1850, le chiffre d'affaires annuel des femmes dans le domaine de l'alcool s'élevait à environ 2 millions de dollars, un chiffre énorme pour l'époque.

Avec la ligue de tempérance en Amérique, les femmes ont été contraintes de rentrer dans la clandestinité. Les prostituées produisaient et vendaient souvent de l'alcool, et les femmes contrebandières soutenaient le commerce illicite de l'alcool, car dans de nombreux États, il était illégal pour les agents masculins de fouiller une femme. La plus célèbre des contrebandières était Gertrude "Cleo" Lythgoe, qui s'est installée aux Bahamas au début de la Prohibition et a lancé un grand commerce de whisky, faisant entrer des spiritueux de contrebande aux États-Unis. Elle est morte millionnaire dans les années 1960, ayant été tellement plus maligne que les autorités que personne n'a jamais découvert où se trouvait son argent.

LES FEMMES DANS LE DOMAINE DE L’ALCOOL AUJOURD'HUI

Les femmes ont généralement été dissuadées de boire de l'alcool, sous prétexte que ce n'est pas une habitude "féminine". Ce n'est qu'à la fin du XXe siècle que cette pratique est redevenue socialement acceptable, toutefois tout au long de l'histoire, l'alcool et les femmes sont restés étroitement liés.

Aujourd'hui, les femmes sont très présentes dans le secteur de l'alcool. Il est fréquent de voir des femmes qui brassent, distillent, créent leurs propres marques et produits, de célèbres femmes barmans ou encore des femmes expertes en vins et spiritueux.

L'industrie japonaise du whisky doit son essor à une femme écossaise, Rita Taketsuru (née Jessie Roberta Cowan), et dans toute l'Afrique rurale, la plupart des distilleries sont dirigées par des femmes. Le nombre de femmes maîtres distillateurs et maîtres assembleurs a fortement augmenté au cours des dix dernières années (en particulier dans les domaines du rhum et du gin, bien que le whisky commence à suivre le mouvement).

S'il reste encore beaucoup à faire en termes d'égalité des sexes au sein de l'industrie des boissons, de même que dans la manière dont sont perçues les femmes qui boivent, les femmes restent profondément impliquées dans ce milieu et sont désormais capables de se s’affirmer et de faire reconnaître leurs réussites.